Angoisse, quand tu nous prends…

Par Karyn B. –

Apeuré

Nausée

Gorge nouée

Obsession

Inquiet

Soucieux

Stress

Effrayé

Voilà avec quoi certaines personnes vivent tous les jours. Pour certains, ce ne sont que des mots, mais pour d’autres ce sont des poids qu’ils portent sur leurs épaules et des émotions qu’ils vivent au fils des jours.

Apprendre à vivre avec cette pesanteur est un apprentissage de tous les jours. La 1re crise est la plus effrayante. Les suivantes aussi, à l’exception que l’on reconnaît le sentiment qui nous envahi. On ne sait pas ce qu’il se passe jusqu’à ce que l’on mette un mot dessus ; ANGOISSE. C’est un combat de tous les jours que les gens ne comprennent pas. Même si l’on en parle, la personne qui n’est pas atteinte oublie et banalise notre situation. Malheureusement, bien malgré nous, nous nous retirons, car certains endroits ou situations font que nous constatons qu’elles nous rendent inconfortables et provoquent des crises. Au final, nous sommes beaucoup plus en sécurité à la maison. Donc, nous nous isolons et aux yeux des autres, nous devenons les lâcheux, du monde plate, des indépendants, des sauvages, des prétentieux et j’en passe. Mais non, ce n’est pas ça, c’est tellement plus !!!

C’est difficile à expliquer et de mettre des mots, c’est une grosse vague négative qui nous envahit, une vague sur laquelle nous n’avons aucun contrôle et celle-ci est différente pour chacun. Je vous ouvre donc mon livre à moi, ma vague, mon tsunami. Je suis aussi prête à répondre à vos questions au besoin. Je me répète, je ne suis ni médecin ni psychologue, je vous écris par expérience vécue, mon combat de tous les jours, je vous informe comment MOI, la femme que je suis et comment j’ai appris à vivre.

Ma 1re crise a eu lieu lors d’un spectacle en 2008. J’y étais avec ma meilleure amie. Tout allait bien et après un moment, PAFFF ! Tout a basculé, tout a viré à l’envers et je me suis mise à penser : « Et si je me mets à mal, feeler, je devrai déranger plein de gens pour me rendre à l’extérieur prendre l’air. Si je ne me sens pas bien, personne ne va s’en rendre compte. » Là, le petit hamster dans ma tête a couru un 50km en 5 minutes… il fallait que je sorte de là ! Je suis sortie à plusieurs reprises et j’ai survécu, mais sans savoir ce qui m’arrivait, je n’avais jamais eu cette sensation. J’ai quand même manqué la 1re partie du spectacle. Je me suis parlé fort dans ma tête et ma meilleure amie m’a aidée sans que l’on sache, ni une ni l’autre ce qui se passait avec moi. Nous avons mis ça sur la faute de l’énervement du spectacle (c’était quand même Céline Dion) et nous n’en avons pas reparlées, du moins, pas dans les mois qui ont suivis.

Mais pour moi, après ce n’était pas terminé, oh ! que non, ça allait de mal en pire. Je ne voulais plus aller nulle part, même une sortie au resto avec mon conjoint et mes enfants était impensable. Juste, d’être à une lumière rouge me rendait malade, je faisais pratiquement une crise d’hyperventilation, chose que je n’ai jamais faite de ma vie soit dit en passant, maux de ventre, les sueurs, LA PANIQUE ! Comme une énorme main invisible, nommée angoisse, qui se referme et se presse sur nous, fait gargouiller nos intestins, comprime nos poumons, accélère les battements de notre cœur que nous entendons jusque dans nos temples et fait perler des gouttes de sueur sur notre front.

Mon conjoint et les enfants n’étaient pas au courant de rien, je n’étais pas capable de mettre aucun mot sur ce que je vivais, je ne pouvais l’expliquer. Ils voyaient tous que je n’allais pas bien, mon conjoint pour m’aider évitait même les artères principales dans la ville. J’avais l’impression d’être folle et de ne pas pouvoir me contrôler, de perdre MON contrôle.

Un jour, les crises m’ont suivi jusqu’à mon travail. Chaleurs, faiblesses et étourdissements, je quittais même pour revenir à la maison me recentrer, et ce, jusqu’à ce que je trouve MA PORTE. Je n’ai pas consulté (chose à ne pas faire pour écourter votre mal de vivre) je n’ai pas eu à être médicamenté, car j’ai trouvé mon remède.

Un jour, alors que nous étions bien malencontreusement pris dans un petit bouchon de 5 voitures sous une lumière rouge, j’ai senti cette vague m’envahir et un de mes enfants m’a posé une question. J’ai donc pris mon courage à 4 mains pour me retourner et lui répondre malgré la peur qui bouillait en moi. À peine 2 minutes plus tard, je me suis rendu compte que j’avais oublié ma crise (mon mal-être) et que nous étions passés la lumière.

J’ai donc été graduellement dans différents endroits que j’avais déjà fréquentés (aucun nouvel endroit) accompagnée de mes enfants. Quand je sentais une crise montée, je discutais de sujets anodins avec eux, des sujets qui ne causent aucun stress exemple : Pourquoi le ciel est bleu ?

J’ai aussi remis en pratique les techniques de respirations apprises à mes cours prénataux, surtout lorsque j’avais une crise et que j’étais seule ou au travail.

Je ne suis pas totalement guéri, je crois qu’on ne guérit pas, mais nous apprenons à vivre avec, nous nous armons de volonté et de petits trucs. Encore aujourd’hui j’ai des crises (moins fréquentes et plus distancées) et il y a encore des lieux que je ne suis pas prête à affronter. J’y vais à mon rythme et graduellement. Même que parfois seulement être en présence de certaines personnes peut déclencher une crise.

Par contre, j’en ai parlé avec certaines personnes, avec qui j’étais à l’aise de le faire.   Pour qu’ils sachent la cause de mes refus, de mon isolement.   Certaines personnes par contre banaliseront toujours votre situation à vous disant : « Voyons y’a rien là, prends pas ça de même ». Il est important de mettre les gens qui nous entourent au courant. Ils pourront nous aider ou du moins comprendre certaines situations.

Lorsque j’ai été voir mon médecin pour un bilan de santé, je lui en ai, finalement, parlé et comment j’avais réussi à gérer. Ça réponse fut : « Bravo et continue, ainsi, vous faites preuve d’une grande force psychologique. Donner vos conseils aux gens qui vous entourent et qui vivent avec l’angoisse. »

N’hésitez pas à en parler ou à consulter, vous pourrez recommencer à vivre et à aimer la vie. Ma pensée magique : Si tu ne te sens pas bien, il y aura toujours quelqu’un pour te porter secours. L’humain n’est pas invincible, mais sensible.

Merci à mes enfants, mon conjoint et ma meilleure amie votre aide a été précieuse et l’aie encore !!!!

Karyn B.

Author: maryberluecie

Blogue d'une famille loufoque, amusante, attachante et divertissante, situé dans les Bois-Francs.

4 thoughts

  1. Bravo mon amie je t aime et c est vrai que d etre au courant de la situation nous aide à accompagner les personnes souffrant d angoisse ,ça donne une vision sur ce que c est 😉

Leave a Reply